Pourquoi (et comment) aborder la sexualité en psychothérapie ?
Dans les cabinets de thérapeutes, nous accueillons la souffrance sous toutes ses formes : l’anxiété, le deuil, les difficultés relationnelles ou les traumatismes. Pourtant il y a un sujet qui reste souvent abordé de façon évasive, par pudeur ou par crainte de sortir de notre champ de compétence : la sexualité.
Un sujet indissociable de la santé mentale
La sexualité n’est pas qu’une affaire de mécanique ou de plaisir charnel. C’est le miroir de l’estime de soi, de la confiance en l’autre et de l’histoire singulière de chaque individu.
Plusieurs études soulignent ce lien étroit. Par exemple, l’étude Sexopsy (2022) a mis en avant que la santé sexuelle est un levier majeur de rétablissement pour les patients souffrant de troubles psychiques, mais qu’elle est encore trop souvent perçue comme “hors mission” par les soignants. Pourtant, ignorer cet aspect peut ralentir le travail thérapeutique. Une baisse de libido peut être le signe d’une dépression sous-jacente, tout comme des difficultés érectiles peuvent masquer une anxiété de performance bien plus large. Ou encore, le traitement de la dépression peut provoquer des difficultés sexuelles qui mèneront à un arrêt sans avis médical.
Aborder ce sujet, c’est offrir au patient un espace de parole décomplexé où il peut enfin mettre des mots sur ce qu’il vit dans son intimité.
Lever le tabou : la posture du thérapeute
Le frein principal vient souvent de nous, thérapeutes. On a peur d’être intrusif, de ne pas savoir quoi répondre ou de se sentir soi-même mal à l’aise.
L’intérêt d’intégrer la sexualité en psychothérapie n’est pas de devenir sexologue du jour au lendemain, mais d’adopter une posture d’ouverture. Savoir poser la simple question : “Et au niveau de votre vie intime, comment cela se passe-t-il en ce moment ?” peut débloquer des situations figées depuis des mois.
Quand faut-il rediriger vers un spécialiste ?
C’est une question essentielle ! il ne s’agit pas que tous les thérapeutes deviennent sexologues. Savoir aborder le sujet est essentiel, mais connaître ses limites l’est tout autant.
Voici quelques repères pour savoir quand orienter votre patient.e :
Dès qu’il y a une douleur physique (dyspareunie, vaginisme) ou une suspicion de cause organique. Un avis médical sera nécessaire dans ce cas. Un sexologue non médecin pourra explorer ces suspicions (trouble de l’érection d’origine vasculaire, effets secondaires d’un traitement médicamenteux, dérèglement hormonal), et guider les patient.e.s vers les spécialistes appropriés.
Lorsque la problématique est très spécifique et nécessite des techniques de rééducation sexuelle ou une approche de thérapie brève centrée exclusivement sur le symptôme sexuel (ex: éjaculation prématurée persistante, anorgasmie), alors le ou la sexologue pourra proposer une sexothérapie.
Se former pour mieux accompagner
Parce que la sexualité est un domaine complexe, il est normal de se sentir parfois démuni. Parler de plaisir, de désir ou de pratiques non conventionnelles sans jugement ; cela s’apprend. Et le manque de formation initiale sur ces enjeux est souvent cité comme un frein par les praticiens.
C’est tout l’enjeu de la formation que je propose : “Aborder la sexualité en psychothérapie”.
L’objectif n’est pas de faire de vous des experts techniques, mais de vous donner les outils concrets pour :
- Vous sentir légitime et à l’aise avec ce sujet.
- Savoir repérer les enjeux psychiques derrière les symptômes sexuels.
- Créer un cadre sécurisant pour vos patients.
La sexualité fait partie de la vie. En l’intégrant à notre pratique, nous permettons à nos patients d’avancer vers une forme de soin plus globale et, finalement, plus humaine.
Vous souhaitez enrichir votre pratique et lever vos propres freins sur ce sujet ? je vous invite à découvrir le programme complet de ma formation ici : Formation Aborder la sexualité en psychothérapie. Une formation sur 2 jours à destination des psychologues, thérapeutes, thérapeutes de couple et conseiller.e.s conjugaux.