Santé sexuelle

Vaginisme et vestibulodynie

Il faut savoir que la vulvodynie, la dyspareunie et autres douleurs périnéales concernent aujourd’hui près de 15 % des femmes au cours de leur vie. Et ces douleurs parfois insoutenables ont pour effet d’affecter profondément leur espace corporel, émotionnel et relationnel

Dr Pierre Marès
Gynécologie : à Nîmes, un service à la pointe de l’innovation pour traiter les douleurs pelviennes

Avoir mal au sexe, que ce soit au niveau de la vulve ou du vagin),pendant les rapports sexuels, ou même tout le temps, est un trouble qui touche de nombreuses femmes.
Pourtant, on parle très peu de ces affections, qui restent encore un tabou. Et beaucoup de femmes sont perdues et ne savent pas où trouver de l’aide… petite revue de témoignages et quelques liens pour avancer avec ce problème.

Définitions : vaginisme, vulvodynie, vestibulodynie

Le vaginisme, une contraction qui empêche la pénétration, se soigne très bien

C’est une contraction réflexe, involontaire, des muscles du plancher pelvien, qui se produit lorsqu’il y a tentative d’insérer un objet dans le vagin. Aucune pénétration n’est possible, que ce soit pendant un rapport sexuel, ou pendant un examen gynécologique.
On parle de vaginisme primaire si c’est le cas depuis toujours, et de vaginisme secondaire si cette pathologie est apparue après un événement.

Le vaginisme n’est pas une maladie, mais un trouble sexuel. Il a un pronostic de guérison très favorable : le vaginisme se soigne très bien en général.

«La peur de la douleur est le premier symptôme chez ces femmes qui souffrent très souvent d’un manque d’information quant à leur propre sexe et à sa représentation, explique la spécialiste. Elles pensent, par exemple, avoir un vagin trop petit pour accueillir un pénis. Des idées fausses qui activent une angoisse, voire une peur panique de la pénétration.»

Dr Véronique Bonniaud
Vaginisme : des solutions pour mettre fin à ce trouble sexuel

La thérapie consiste dans un premier temps en une éducation pour mieux connaître son corps, car de nombreuses conceptions erronées (comme la peur d’avoir un vagin trop petit pour accueillir un pénis) peuvent conduire à une peur de la douleur et au vaginisme, et à l’impossibilité de la pénétration.
Puis, par des exercices corporels adaptés et progressifs, à mieux appréhender son corps (et à sortir du cycle infernal douleur > appréhension > tension > douleur) jusqu’à accepter une pénétration.

Comme pour la vestibulodynie, une éducation périnéale peut parfois être adaptée, elle sera faite par une sage-femme ou un.e kinésithérapeute spécialisée.

Note : dans un couple le vaginisme peut souvent être en lien avec la sexualité du partenaire (que ce soit simplement une méconnaissance de la sexualité, ou un manque d’assertivité, ou un trouble sexuel comme un trouble de l’érection ou une éjaculation précoce).
Et ce quel que soit l’ordre d’apparition : l’un joue sur l’autre et réciproquement. Et on peut bien sûr imaginer que cette impossibilité de faire l’amour peut abimer l’estime de soi et la libido des deux partenaires. Il peut être intéressant d’envisager une thérapie de couple avec un sexologue pour adoucir ces aspects relationnels.

Vestibulodynie : une douleur dès qu’on touche l’entrée du vagin

La vestibulodynie est une douleur intense causée par une pression à l’entrée du vagin, notamment lors d’une pénétration.

Elle provoque douleur pendant les rapports sexuels (dyspareunie), qui bien souvent deviennent impossibles, mais peut également s’exprimer dans d’autres occasions quand quelque chose appuie sur la vulve (vélo, équitation, serviette hygiénique, …).

Test du coton tige pour détecter une vestibulodynie
Vestibulodynie : test du coton-tige

Le principal test diagnostic consiste d’ailleurs à toucher simplement la vulve avec un coton-tige – si c’est douloureux, l’affection est bien là.
La vestibulodynie toucherait jusqu’à une femme sur 10 d’après certaines études.

Témoignages

Depuis quelques années, de plus en plus de podcasts s’intéressent à la vie sexuelle et à l’intimité sous forme de témoignages. Quelques épisodes de podcasts audio évoquent ces pathologies :
Viviane, 25 ans, raconte son parcours avec le vaginisme dans Première et Dernière fois
Marie sans filtre, qui raconte la vestibulodynie – elle a également écrit u article où elle explique davantage sa découverte de sa vestibulodynie.
Shonah, qui parle de la vestibulodynie dans le podcast Cher Corps

Sur le site MadMoizelle, trois témoignages de femmes sur la vestibulodynie et la dispareunie, ainsi que sur Kombini un témoignage sur la vestibulodyine (d’une femme qui a retrouvé une sexualité satisfaisante).

Liens & ressources

Les clés de vénus
Les clés de vénus est une association qui regroupe des femmes souffrant ou ayant souffert de ces douleurs. On trouve de nombreuses informations sur le site, ainsi que la possibilité d’échanger avec d’autres femmes concernées.
Ces pathologies étant encore mal connues, l’association tient également un annuaire de professionnels formés pour traiter ces douleurs (pas mis à jour depuis longtemps).

Sur le site de la Société Francophone de Médecine sexuelle, un long article sur la vestibulodynie et les traitement possibles.

Des explications et pistes de traitement sur la vestibulodynie sur floravi (équipement pour la santé sexuelle des femmes).

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